De la France fertile à une France aride. C’est un fait, nous faisons moins d’enfants. Depuis de le début de l’année, on compte 35 000 naissances de moins qu’en 2022, soit une baisse de 7 %, révèle la dernière étude de l’Insee. A ce rythme, nous devrions passer sous la barre symbolique des 700 00 naissances en 2023. Alors que nous étions les champions d’Europe de l’indice de fécondité (2 enfants par femme) qui nous permettait d’assurer un renouvellement des générations, ce taux devrait être inférieur à 1,8 cette année. La pire année depuis 1945, pointent les experts.
Si les chiffres sont intangibles, en revanche, les raisons qui expliquent que nous faisons moins d’enfants prêtent à discussion.
Moins de bébés et plus tard. Comme dans de nombreux domaines, les injonctions du type « faire un bébé à tout prix » et « avant 30 ans » volent en éclats. A cela s’ajoute le fait que, dans la pyramide des âges, les femmes de 29 à 31 ans sont moins nombreuses. Or, c’est dans cette tranche d’âge que l’on procréait le plus.
Si les questions sur l’environnement, la crise climatique ou la situation économique ont sans doute une influence sur le choix des Français, elles ne sont pas déterminantes.
En revanche, l’affaiblissement de notre politique familiale a contribué à cette dénatalité. La réforme du congé parental de 2014 est un bel exemple. Elle devait favoriser le retour plus rapide des femmes à l’emploi en incitant les hommes à prendre un congé parental. « Moins de 1 % » des pères recourent à cette prestation », épinglait la Cour des comptes en 2022. Ce dispositif complexe et peu avantageux pour les familles a surtout permis de diviser par 3 le montant des prestations versées !