Fécondité en France : rien ne va plus. La guerre serait même à nos portes. Mais qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres ? Il y a quelques semaines, l’Insee publiait le taux de fécondité 2023 en France : 1,68. Un recul par rapport aux années précédentes mais aussi un niveau historiquement bas. Une catastrophe pour les nombreux commentateurs de ce Dow Jones de la natalité.
En fait, ce mouvement suit une tendance européenne même si nous restons, en la matière, sur la première marche du podium des naissances. D’ailleurs, les spécialistes se gardent bien de cautionner la thèse du déclin de la natalité et de voir dans ces chiffres les prémices de l’apocalypse.
Et pourtant, Emmanuel Macron n’hésite pas à parler, lui, de « réarmement démographique. » Comme s’il s’agissait d’un combat contre un ennemi. Lequel et avec quelles armes ? Et le président de la République s’est même penché sur le berceau de l’infertilité en annonçant « un grand plan » dans les mois à venir. Cette politique volontariste va-t-elle relancé la « machine à faire des enfants » ? Pas sûr.
Faire ou pas des enfants ne de se décrète pas. Cet acte relève de convictions personnelles, d’un choix de vie mais pas d’un choix de société. En ce sens, ce n’est pas du citoyen mais bien de la personne dont il s’agit. Ceux qui veulent relancer la natalité rappellent que le taux de de renouvellement des générations est de 2,1. Il est vrai que nous nous en sommes éloignés depuis près de quinze ans. Mais ils oublient un petit détail : on ne fait pas des enfants pour repeupler la France mais parce qu’on le souhaite.
D’ailleurs, il y a une forme de duperie dans les messages envoyés. Si, d’un côté, le politique, la société nous encouragent à nous reproduire, de l’autre, le monde du travail ne nous incite pas toujours le faire. Près de moitié des mères cadres (47 %) estiment que le retour au bureau après un congé maternité est « difficile », selon une enquête menée par l’Apec (1). 71% des personnes interrogées s’estiment mal accompagnées.
Charge mentale, sentiment de déclassement, réflexions culpabilisantes, les trois quarts des mamans considèrent que le congé maternité ralentit leur évolution professionnelle. Cela donne à réfléchir, non ?
(1) Association pour l’emploi des cadres. Enquête qualitative et quantitative en ligne menée auprès de 12 400 femmes cadres.