Notre cerveau dérangé par les réseaux sociaux

Son intervention a fait le tour du monde. Le 13 novembre dernier, Chamath Palihapitiya est l’invité d’une des écoles de commerce les plus prestigieuses des Etats-Unis, la Stanford Graduate School of Business. Dans l’amphi, c’est la bousculade pour assister à la prestation de l’ancien vice-président de Facebook, en charge de la croissance des audiences. Le réseau social dépasse aujourd’hui 2 milliards d’inscrits.
Les étudiants ne sont pas déçus. Au lieu de glorifier cette success story, ce millionnaire à l’allure d’ado attardé balance une bombe : « Les boucles de réaction à court terme, dopaminergiques, que nous avons créées sont en train de détruire la façon dont la société fonctionne ».
L’ex-dirigeant de Facebook avoue ne plus utiliser « cette merde » et interdit à ses enfants de consulter le réseau social planétaire. Il déchirerait « le tissu social » et porterait atteinte à l’ « indépendance intellectuelle ».
En clair, selon Chamath Palihapitiya, le célèbre bouton « J’aime » de Facebook et les différents outils mis à disposition des utilisateurs seraient à l’origine d’une véritable dépendance.

De nombreux scientifiques ne disent pas autre chose en affirmant que les circuits de la récompense dans le cerveau sont activés de la même façon pour une substance addictive ou pour une consommation excessive de ces réseaux sociaux.
Cette semaine, une psychologue américaine estimait que les adolescents souffriraient « de la pire crise de santé depuis des décennies ». En cause, là encore, les réseaux sociaux et les smartphones.
Professeur à l’université de San Diego, Jean Twenge analyse depuis 25 ans l’évolution de la santé mentale des jeunes. Et la chercheuse fait état dans son livre « iGen » d’une rupture à partir de 2012. « La fréquence des rencontres entre jeunes, la proportion de lycéens possédant un permis de conduire, ayant déjà eu des relations sexuelles ou un simple rendez-vous » se seraient effondrées, résume Anaïs Moutot dans Les Echos. « Dans le même temps, poursuit la journaliste, le pourcentage d’adolescents dépressifs, déclarant se sentir seuls et commettant des tentatives de suicide a atteint des sommets ».

Les liens de causalité entre l’usage en excès du smartphone et les troubles sociaux ou dépressifs restent à démontrer scientifiquement. Mais plusieurs indices montrent que le filet se resserre. Si les patrons de Facebook affirment toujours que l’outil est neutre, ils financent des études pour mesurer les effets d’une surconsommation. Quitte à revoir certaines fonctionnalités. Le fondateur, Marc Zuckerberg l’affirme haut et fort : « La protection de notre communauté est plus importante que la maximisation de nos profits ».
Le vent serait-il en train de tourner ?

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