Virus en Chine : la menace mondiale resurgit

Six vols hebdomadaires assurent la liaison entre Paris et Wuhan, une ville située au centre de la Chine. Pour l’instant, les passagers ne font l’objet d’aucun contrôle particulier. Mais pour combien de temps encore ?
Car la communauté scientifique internationale a les yeux rivés sur cette mégapole (11 millions d’habitants) connue depuis quelques jours pour son marché aux bestiaux et aux poissons. C’est de là qu’a démarré à la mi-décembre une épidémie de pneumonie. Selon les autorités chinoises, une soixantaine de personnes auraient été infectées dont 7 seraient dans un état grave. Le coupable, un coronavirus de la même famille que celui du Sras, le syndrome respiratoire aigu sévère.

Le spectre de 2002-2003 resurgit. Cet agent infectieux, parti de la province Guangdong, située à 850 kms de Wuhan, avait contaminé en quelques mois la planète faisant sur son passage 8 000 victimes et 800 morts. Reviennent alors en mémoire les images des personnels soignants fauchés par la maladie, à Hong Kong, au Canada, des patients mis en quarantaine, des masques de protection dans la rue et des contrôles poussés dans les aéroports.

Voilà pourquoi l’affaire de ce nouveau virus est prise très au sérieux par l’OMS. Le mode opératoire est le même que celui du Sras. Le virus serait passé de l’animal à l’homme sur le marché de Wuhan touchant d’ailleurs plusieurs employés. Pour le Sras, l’animal responsable était la civette.
Ces derniers jours, les autorités locales ont décidé de fermer le marché pour procéder à des analyses. Les premiers résultats seraient rassurants et aucun cas de transmission interhumaine n’a été signalé.

Les spécialistes des virus émergents restent cependant dubitatifs. La transmission d’un virus de l’animal à l’homme étant le résultat d’un processus complexe et difficile, les experts se demandent comment celui-ci a pu contaminer directement et aussi facilement plusieurs personnes en même temps.
Ensuite, l’histoire du Sras nous rappelle que ces virus ont une capacité de s’adapter à leur environnement. En 2002, les contaminations s’effectuaient par l’air; les aéroports et les vols internationaux ont permis de transformer un foyer épidémique en pandémie. Et, pourtant, à ces débuts, le Sras était peu transmissible !

Dix sept ans plus tard, a-t-on tiré les leçons de cet épisode qui avait sonné l’alerte dans le monde ? Si, en 2002, la Chine avait mis plusieurs mois à avertir l’Oms de l’émergence de ce coronavirus, cette fois, les responsables de l’Organisation à Genève ont été prévenus le 30 décembre, soit quelques jours après cette flambée épidémique. De même, les experts du pays ont été très rapides pour identifier le génome du virus et pour le communiquer à leurs confrères dans le monde. Des données essentielles pour contenir la menace épidémique et mettre au point des tests de dépistage adaptés.

A l’époque du Sras, la promiscuité des fermes dans les provinces chinoises où cohabitent l’homme et l’animal, les marchés aux bestiaux qui se mélangent aux étales de denrées alimentaires avaient été montrés du doigt. Ils facilitent le franchissement de la barrière de l’espèce qui fait qu’un virus spécifique à une espèce passerait à une autre, puis accidentellement à l’homme. Difficile de savoir si cette filière de contamination a fondamentalement évolué.

Aujourd’hui, les préoccupations sont ailleurs. Le 25 janvier s’ouvre le nouvel an chinois. L’occasion pour des millions de Chinois de voyager d’une province à l’autre pour rendre visite à leur famille. Avec ou sans masque ?

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